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Comment le gouvernement cherche à économiser en s’attaquant aux maladies chroniques

© Les maladies chroniques, également appelées affections de longue durée (ALD), sont une préoccupation croissante en raison du vieillissement de la population et des progrès médicaux. En 2020, les ALD représentaient près de 66 % des dépenses de santé. Environ 12 millions de personnes, soit près de 20 % des assurés français, bénéficient d'une prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.

Des économies en s’attaquant aux maladies chroniques

Les enjeux budgétaires du gouvernement

Lors de sa déclaration de politique générale, Gabriel Attal a évoqué la nécessité de poursuivre les revues de dépenses afin de réaliser des économies budgétaires. Parmi les politiques publiques étudiées, la prise en charge des maladies chroniques est un sujet particulièrement sensible.

Les économies à réaliser

En vue de boucler le budget 2025, des revues des dépenses ont été lancées, avec pour objectif de trouver 12 milliards d’euros d’économies. Parmi les pistes envisagées, une partie des économies devra être réalisée dans le domaine de la Sécurité sociale, dont les comptes sont déficitaires.

Le poids des maladies chroniques

Les maladies chroniques, également appelées affections de longue durée (ALD), sont une préoccupation croissante en raison du vieillissement de la population et des progrès médicaux. En 2020, les ALD représentaient près de 66 % des dépenses de santé. Environ 12 millions de personnes, soit près de 20 % des assurés français, bénéficient d’une prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.

Près de 20 % des Français assurés (12 millions de personnes) bénéficiaient en 2022 de la reconnaissance d’une affection longue durée par l’Assurance Maladie, car ils sont atteints d’une maladie grave, longue et coûteuse à soigner.

Ce système garantit une prise en charge à 100 % des dépenses de soins par la Sécurité sociale (dans la limite des plafonds de remboursement, hors dépassements d’honoraires, franchises médicales, etc.).

Parmi les ALD les plus répandues figurent le diabète, les cancers, les affections psychiatriques ou les problèmes d’insuffisance cardiaque.


Les affections de longue durée (ALD) remboursées à 100 % par l'Assurance maladie

Initialement, il y avait 30 affections. Aujourd'hui, l'hypertension artérielle sévère n'est plus incluse dans cette liste. Toutefois, on continue à l'appeler : liste ALD 30.

Il s'agit des affections suivantes :

  • Accident vasculaire cérébral invalidant
  • Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques
  • Artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques
  • Bilharziose compliquée
  • Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves, cardiopathies congénitales graves
  • Maladies chroniques actives du foie (hépatite B ou C) et cirrhoses
  • Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé, infection par le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH)
  • Diabète de type 1 et diabète de type 2 de l'adulte ou de l'enfant
  • Formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie), épilepsie grave
  • Hémoglobinopathies, hémolyses, chroniques constitutionnelles et acquises sévères
  • Hémophilies et affections constitutionnelles de l'hémostase graves
  • Maladie coronaire : infarctus du myocarde
  • Insuffisance respiratoire chronique grave (exemple : asthme grave)
  • Maladie d'Alzheimer et autres démences
  • Maladie de Parkinson
  • Maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé
  • Mucoviscidose
  • Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif (insuffisance rénale)
  • Paraplégie
  • Vascularites, lupus érythémateux systémique, sclérodermie systémique
  • Polyarthrite rhumatoïde évolutive
  • Affections psychiatriques de longue durée (exemples : dépression récurrente, troubles bipolaires)
  • Rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives
  • Sclérose en plaques
  • Scoliose idiopathique structurale évolutive
  • Spondylarthrite grave
  • Suites de transplantation d'organe
  • Tuberculose active, lèpre
  • Tumeur maligne (cancer), affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique (exemple : lymphome)

Les pistes de réduction des coûts

Le gouvernement envisage plusieurs mesures pour réduire les coûts liés aux maladies chroniques. Une possibilité serait de différencier la prise en charge des soins en fonction de la pathologie éligible à l’ALD. Par ailleurs, l’Assurance Maladie pourrait transférer une partie des dépenses de santé aux mutuelles, afin de limiter les remboursements pris en charge par la sécurité sociale.

Les enjeux politiques et sociaux

La révision de la prise en charge des maladies chroniques est un exercice délicat, étant donné les problèmes existants tels que les déserts médicaux et les difficultés rencontrées par les hôpitaux. Le gouvernement devra prendre en compte ces enjeux et s’assurer de préserver les personnes en affection longue durée.

Les revues des dépenses engagées par le gouvernement visent à réaliser des économies budgétaires. La prise en charge des maladies chroniques représente un enjeu majeur dans cette démarche. Les prochaines semaines permettront de voir quelles mesures seront mises en place. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la nécessité de faire des économies et la préservation de la qualité des soins pour les personnes atteintes de maladies chroniques.

Source : Les Echos – infographie sur les ALD

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